| "Un Pour Tous, Tous Pour L'Inde". |
| Le projet en lui-même. |
| Les Indiens. |
| Le cahier photo. |
| Le Livre d'Or. |

1) Notre Projet :
"UN POUR TOUS, TOUS POUR L'INDE".
On est une équipe de 7 Compagnons, et on a préparé un projet en Inde sur deux ans. On est parti en août 97 (du 27juillet au 31 août). Je me suis rendu compte, que nous, les français, et aussi tous les pays occidentaux, on n'est que des pauvres gars, qui se plaignent tout le temps, qui demandent toujours plus, et donc qui sont malheureux.
On est parti dans un tout petit village (Kalkunam), près de Pondichery, où nous avons vécu avec les Intouchables. En fait, il y a 2000 habitants dans le village, dont 300 Intouchables. Ces derniers sont rejetés à 500 m du village, et vivent exclus de la société. Les hautes castes ne viennent jamais leur rendre visite, et c'est un affront pour eux de rentrer dans la maison d'un Intouchable.
Dans la suite, quand je citerai "le village", cela désigne en fait le quartier des intouchables, et non le village entier qu'on n'a pas connu.
Nous vivions donc avec une petite partie du village, et surtout avec les chrétiens qui nous accueillaient. Ils ont mis à notre disposition une petite maison, avec un toit en feuilles de palmier séchées et tressées. Le sol est en terre battue, et pour l'entretenir, ils utilisent de la bouse de vache en guise de revêtement (inutile de dire que nous avons été très surpris quand ils ont répandu la première fois de la bouse par terre, juste là où nous dormions).
Nous étions dans une maison très luxueuse pour eux : nous avions 2 lampes électriques, et aussi... et ça on a apprécié ce luxe, 2 ventilateurs, qui marchaient à longueur de journée.
2) Le projet en lui-même.
Notre projet était de les aider à construire un bâtiment communautaire à côté de l'église des Intouchables. Ce dernier, servira de refuge pour les villageois au moment des moussons, l'église étant trop petite. Il faut dire que les Intouchables sont rejetés dans la partie basse du village, et pendant les moussons, ce sont eux qui se font innonder. Résultat, ils se réfugient dans l'église, mais elle est trop petite. C'est pourquoi nous sommes partis les aider à construireun bâtiment juste à côté.
Un problème se présente dès notre arrivée à Kalkunam, l'argent que nous avons envoyé pour le chantier n'est toujours pas transféré sur le compte du Père Antoni Sagayam, notre contact. Nous pouvons cependant commencer à creuser les fondations avec les villageois.
Les outils utilisés sont très archaïques : de sortes de pioches à mi-chemin entre la pelle et le racloir, et quelques barres à mine suffisent pour creuser les trous de 1,5 m de
profondeur en un temps record. Les indiens travaillent avec une rapidité surprenante... Nous avonsl'air un peu bêtes devant eux de nous arrêter toutes les dix minutes, le soleil tapant très fort. Et puis de toutes les façons, ils ne nous laissent pas travailler plus de cinq minutes, ils ont peur que nous tombions malade à cause du soleil ou que nous nous blessions. Les femmes en profitent pour faire porter leurs enfants par Sabine ou Margo, et il y a un tel attroupement autour de nousqu'on ne dirait pas que l'on est sur un chantier.

Quand nous sommes partis du village, il n'y avait pas grand chose de construit, mais, ils sont actuellement entrain de finir le bâtiment.
Nous avons aussi fait la découverte de la région... Nous avons visité plusieurs temples, qui sont superbes (on peut voir un formidable travail de minutie sur les innombrables sculptures des tours). Nous avons découvert un pays de pauvreté, de saleté...
Pauvreté... Oh oui, qu'il est pauvre ce pays, malgré sa puissance industrielle, quand on se balade dans les "rues", parfois, on se sent mal à l'aise... Un mendiant, qui est lépreux vient vers nous, mais ce n'est pas une main qu'il tend, c'est le reste de sa paume... Il ne lui reste plus que des moignons, on n'ose même plus baisser la tête, on a peur de voir ses pieds, qui sont pareils. 10 mètres plus loin, ce n'est pas un lépreux, mais un estropié, il a le pied complètement tordu... Un peu plus loin, c'est un cul de jatte, ou un aveugle, ou un manchot. Je n'ai jamais réussi à m'y habituer. C'est là qu'on comprend qu'on est privilégié... On est soigné gratuitement. Eux n'ont rien, et en plus ils ne peuvent pas se soigner.
Saleté ...
D'abord ils sont pauvres, mais en plus, les rues sont vraiment sales. Vous connaissez les vaches sacrées,
c'est superbe, le folklore, mais c'est quand même dégueulasse des rues qui n'ont pas de poubelles. Les vaches viennent faire le tri dans les déchets jetés par terre. Leurs bouses sont compactées en galettes, séchées sur les murs, et serviront de combustible pour faire la cuisine. Bonjour la pollution.
Malgré ces petits désagréments, fortement ressentis au départ,nous nous plaisons vraiment dans ce pays... Enfin nous ne connaissons que le sud (la région du Tamil Nadu), le Nord et le Sud étant séparés par plusieurs barrières, la langue ou la distance (nous n'avions pas le temps de monter dans le nord du pays).
Nous européens, et eux, indiens, n'avons pas du tout les mêmes coutumes, et c'est pour cela qu'on est facilement choqué parleurs comportements (les hommes qui se tiennent par la main, ou les villageois qui écorchent vif un coq...). Je me suis rendu compte petit à petit, que c'est eux qui ont les richesses les plus importantes. Leurs grandes richesses sont celles de l'amour.
3) Les indiens...
Et oui, ce sont en quelque sortes nos anges gardiens, et ils sont vraiment très attentionnés pour nous. Déjà, par nature, les indiens font très attention à nous, mais ici, le Père Antoni Sagayam, a bien insisté pour qu'on ne manque de rien. Il a dit aux villageois que nous nous sommes sacrifiés pour eux, qu'on vit très mal ici (pas de confort...), et que nous avons pris un mois de nos propres vacances pour venir ici.
Enfin bref, on n'a pas vécu comme des rois dans le village (et heureusement, car je me serais vraiment sentit mal), mais en tout cas on était sacrément privilégiés par rapport à eux. Dès que quelque chose n'allait pas bien, on les voyaient qui commençaientà stresser ... Surtout quand le
Père était là.Quand on allait visiter les champs autour du village, Ils nous disaient de ne pas nous écarter du chemin, on ne sais jamais, il peut y avoir un scorpion ou un cobra qui se balade dans les parages... C'est rassurant ! Par contre, le soir on avait interdiction absolue d'aller près des cannes à sucres, pour les mêmes raisons.
"Eux qui n'ont rien, eux qui ont tout."
Personnellement, ce qui m'a surpris le plus, dans ce petit village, c'est la joie de vivre des indiens... Parfois, je me disais que je devais rêver, mais non, ils sont pauvres, comme jamais je ne l'aurais imaginé avant de partir, mais pourtant,ils sont heureux, ils sourient toujours. Quand on débarque dans le village, on ne peut pas savoir qu'ils n'ont rien à se mettre sous la dent, ils t'accueillent comme si de rien, n'était, et tef ont manger un festin dans une feuille de bananier, dans l'église. Jamais je n'aurais cru que la pauvreté et la joie de vivre aussi intense pouvaient exister ensemble avec une telle intensité.
Alors je me suis remis en cause, et ça m'a changé en moi. Ce que je pense maintenant, c'est qu'un européen moyen comme moi ne PEUT PAS être malheureux. A mon retour de l'Inde, je me suis dit: "Mais c'est vrai, j'ai la chance de pouvoir faire des études, d'avoir une maison faite en pierres, en béton, de manger à ma faim... Pourquoi serai-je malheureux ??? Alors je me dis que je suis heureux, tout simplement, mais pas parce que j'ai eu une bonne note, ou quelque chose du genre... Je suis heureux parce que la vie c'est une belle chose, et qu'il faut en profiter au maximum, et c'est en étant heureux qu'on pourra le faire.
Saint Paul nous dit :
"Je n'hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi.
C'est pourquoi j'accepte de grand coeur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes.
Car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort."
2ème lettre aux Corinthiens 12, 9-10
C'est donc notre richesse (d'argent) qui nous rend malheureux. Et cette forme de richesse nous cache toutes les autres : les richesses de coeur et morale chez eux existent à un point tellement fort... A Kalkunam, j'ai vraiment été ébloui à entomber par terre. Ils n'ont rien, mais pour ne rien avoir, ils n'ont rien... Et pourtant, ils ont tout ce qui leur faut pour vivre entant qu'homme, mais plus encore : en tant qu'homme heureux.
C'est ce qu'ils m'ont apporté : ils ont réussi a nous enlever nos barrières aveuglantes, en nous montrant le chemin à suivre. Ils nous ont pris par la main pour nous emmener vers le bonheur.
Nous, à part le bâtiment, nous ne leur avons pas apporté grand chose. Mais notre seule présence, dans le village, l'aide que nous avons apporté sur le chantier, l'échange que nous avons eu avec Mary, Easuraja, Johnson, Francis, Monica, et tous les autresvillageois restera toujours gravé dans leur mémoire et dans la nôtre aussi.
Mais maintenant, je te pose une petite question, mais qui demande parfois beaucoup de réflexion (j'ai du aller en Inde pour trouver la réponse) :
"Es-tu heureux ?"
Peut-être, mais l'es-tu à tout moment de la journée, tout au long de l'année. Toi ! L'internaute qui lis cette page, remets-toi en cause à ton tour, et trouve ta route du
L'équipe.
Mary et sa famille.
Easuraja.
Le Père Antoni Sagayam.
Si vous avez des suggestions, remarques, coups de gueule...
Vous savez où me trouver :
